Martel :
4 milliards d’euros seront investis dans le « cyber pur » d’ici 2030.
Lecornu :
Cette enveloppe concerne uniquement la lutte informationnelle. L’intelligence artificielle (IA) n’est pas incluse dans ce montant, mais elle représente un enjeu majeur de souveraineté.
Aujourd’hui, la plupart des puces utilisées pour l’IA proviennent de Nvidia, ce qui pose un problème d’indépendance : tout le monde dépend de ces fournisseurs américains.
Le plus grand calculateur d’Europe est obligé d’acheter ces puces aux États-Unis. La question de la capacité européenne à produire ses propres puces se pose, à l’image du débat sur la fusée Ariane.
Notre objectif est double :
Martel :
Cela signifie qu’il faut tout protéger : le réseau, les IA, et prévoir le recrutement de 200 000 postes.
Lecornu :
Absolument, c’est indispensable et nous en avons l’habitude.
Cependant, il n’y a eu aucune panne au ministère des Armées, car notre système est totalement déconnecté des réseaux américains.
Martel :
Mais cela implique des coûts très importants pour la mise à jour de ce réseau.
Lecornu :
Oui, c’est un fait. Et je ne parle même pas de la dissuasion nucléaire : il serait impensable de la confier à des systèmes étrangers.
La dissuasion a toujours tiré l’ensemble de notre système vers le haut, contrairement aux Britanniques qui restent dépendants des Américains pour leur propre dissuasion.
En France, nous maîtrisons toute la chaîne, de A à Z, ce qui est une indépendance remarquable.
Pour l’IA, j’essaie de la faire émerger au sein des armées françaises, à l’image de ce qu’a fait Pierre Messmer pour le nucléaire militaire.
Martel :